Beaucoup de jeunes musulmans s’interrogent : le mariage est-il un simple choix personnel, une recommandation, ou une véritable obligation religieuse ? La réponse des savants est nuancée et pleine de sagesse : elle tient compte de la situation particulière de chacun. Comprendre le statut du mariage en islam aide à prendre une décision éclairée, ni dans la précipitation imprudente, ni dans le report indéfini et injustifié.
Un encouragement prophétique fort
Le Prophète ﷺ a vivement encouragé le mariage : « Ô jeunes gens, que celui d’entre vous qui en a les moyens se marie. » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). Il a aussi dit : « Le mariage fait partie de ma Sunna ; quiconque se détourne de ma Sunna n’est pas des miens. » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). L’incitation est donc claire, insistante et répétée, ce qui place le mariage parmi les actes hautement recommandés et aimés dans la religion.
Le mariage, « moitié de la religion »
Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le serviteur se marie, il a parachevé la moitié de la religion ; qu’il craigne Allâh pour l’autre moitié. » (rapporté par al-Bayhaqî, hadith jugé bon). Cette parole souligne combien le mariage protège la foi : il préserve la chasteté, apaise le cœur et aide le croyant à se consacrer sereinement à son adoration. En réalisant cette « moitié », le serviteur écarte de lui bien des tentations et stabilise sa vie spirituelle.
Un statut qui varie selon la situation
Les savants distinguent les cas selon le besoin et la capacité de chacun. Pour celui qui craint de tomber dans l’interdit et qui en a les moyens, le mariage devient obligatoire, car il est le moyen légal de préserver sa chasteté. Pour celui qui n’éprouve pas ce besoin pressant, il demeure fortement recommandé. Ainsi, le statut du mariage n’est pas uniforme : il s’ajuste à la réalité concrète de la personne et à l’urgence de son besoin.
La sagesse de cette gradation
Cette souplesse reflète la sagesse profonde de la loi : elle n’impose pas le mariage de manière uniforme à tous, mais l’ajuste à la situation réelle de chacun. Celui que le célibat expose au péché doit se marier sans tarder ; celui qui est préservé n’est pas dans la même urgence. La religion tient compte des circonstances individuelles sans jamais perdre de vue l’objectif central : la préservation de la chasteté et la quiétude du cœur croyant.
Le rôle des moyens
Le hadith conditionne l’incitation aux « moyens » de l’époux. Celui qui ne peut encore subvenir aux charges du mariage est invité à patienter et à se préserver : « Que celui qui n’en a pas les moyens jeûne, car le jeûne est pour lui une protection. » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim). La loi est réaliste et miséricordieuse : elle n’impose pas une charge au-dessus des capacités, mais offre une voie de patience à celui qui n’est pas encore en mesure de se marier.
Ne pas reporter sans raison valable
Si l’encouragement est fort et que les moyens sont réunis, reporter le mariage sans motif valable va à l’encontre de la Sunna. La crainte excessive des responsabilités, la recherche d’une perfection illusoire chez le conjoint, ou l’attachement à un confort égoïste, ne doivent pas priver le jeune des bienfaits du mariage. Allâh promet d’ailleurs Son aide : « S’ils sont pauvres, Allâh les enrichira de Sa grâce. » [an-Nûr : 32]. La confiance en Allâh accompagne la décision de se marier.
La confiance en la promesse d’Allâh
Beaucoup retardent le mariage par peur du manque matériel. Or Allâh a expressément promis Son secours à ceux qui se marient pour se préserver. Le Prophète ﷺ a mentionné parmi ceux qu’Allâh aide « celui qui se marie en cherchant la chasteté ». Cette promesse divine doit rassurer le croyant : se marier dans une intention pure, c’est s’ouvrir à l’aide d’Allâh, qui élargit la subsistance de qui place en Lui sa confiance et cherche à se préserver de l’interdit.
Le mariage et la responsabilité
S’engager dans le mariage, c’est aussi accepter des responsabilités : pourvoir, protéger, traiter avec bonté, éduquer les enfants à venir. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère, mais elle ne doit pas non plus être paralysée par la peur. La maturité consiste à se préparer à ces responsabilités tout en se lançant au moment opportun. Le mariage forme d’ailleurs celui qui s’y engage, en l’élevant du souci de soi seul au souci d’un foyer.
Décider avec discernement
En définitive, la question « le mariage est-il obligatoire ? » appelle un examen honnête de sa propre situation : ai-je le besoin, ai-je les moyens, suis-je prêt aux responsabilités ? Celui qui craint l’interdit et le peut doit se marier ; celui qui le peut sans urgence y est fortement encouragé ; celui qui ne le peut pas encore patiente et se prépare. Ce discernement, éclairé par les conseils des gens de science et des proches, mène à une décision juste.
Foire aux questions
Le mariage est-il obligatoire pour tous ? Non : il devient obligatoire pour celui qui craint l’interdit et en a les moyens ; pour les autres, il reste fortement recommandé.
Que faire si l’on n’a pas les moyens ? Patienter, jeûner pour se préserver, et demander à Allâh de faciliter, tout en se préparant pour le moment venu.
Faut-il craindre de ne pas pouvoir subvenir aux besoins du foyer ? Allâh a promis Son aide à ceux qui se marient pour se préserver ; la confiance en Lui doit accompagner une préparation raisonnable.
Pour aller plus loin
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